Qui suis-je ?

Lors d’une espèce de conseil de famille, mon père, qui était par ailleurs un brave homme de père, m’a dit : «Mon petit, il faut qu’on parle sérieusement. Ta mère et moi, nous nous sommes aperçus que tu avais un tempérament de fantaisiste. Tu seras fonctionnaire.» Pierre DESPROSGES / «Desproges portrait » de Marie-Ange Guillaume — Édition Seuil

Présentation de votre serviteur

Je suis né en 1975 et j’ai grandi dans une charmante bourgade de 1100 âmes aux confins de la Bresse, pays du poulet et du chapon mais pas du bleu de Bresse. D’habitude, je suis un type assez modeste mais force est de constater que mon parcours est exemplaire comme vous allez vous en apercevoir.

Petit

C’est vrai, dès petit, j’étais très doué, après avoir inventé l’eau chaude et avoir posé les bases de la physique quantique juste à côté de mon coffre à jouet, je décidai de partager mes dons. C’est ainsi que vers 2 ou 3 ans, je rejoignis la maternelle. S’ensuit un enchaînement malheureux de frustrations et d’incompréhensions, qui me poussèrent à suivre une scolarité « normale », mon talent n’étant reconnu que par moi-même 🙁

Ado

Je fis cependant une entrée triomphale en 6éme, où je n’étais, d’après mes professeurs, qu’un élève comme les autres. Croyant que je n’avais pas remarqué qu’ils feignaient d’ignorer mon génie, pour ne pas vexer mes petits camarades qui baignaient dans leur médiocrité pré pubère. Cette situation dura jusqu’au lycée, où là, le personnel enseignant (sûrement guider par un instinct de conservation, voyant déjà le prédateur de savoir qui sommeillait aux tréfonds de mon âme) poussa à son paroxysme mon immersion dans le continuum « vie normale » en me faisant redoubler à plusieurs reprises. Je profitais toutefois de la situation pour améliorer mon étude sur l’anthropomorphisme des nuages d’automnes et ce fut mes débuts en psycho-sociologie orientée sur la nécessité de la sieste.

Mais point trop n’en faut, reprenant en main le cours de mes cours, je décidai, fortement encouragé dans la réflexion à coup de pied dans le derrière par le conseiller d’orientation, le CPE et même le directeur, de focaliser mes incommensurables capacités vers la biologie. Ainsi, en 1995, j’obtins mon bac STL Biochimie génie biologique – pour ne pas faire remarquer mon QI, j’allais très peu en cours, mais hélas, ma science infuse me rattrapa, j’eus la mention assez bien.

BTS

Après d’interminables suppliques de différentes hautes écoles, conscientes du bienfait que je pouvais prodiguer à l’humanité, ceci dans un délai d’études le plus court possible, je me dirigeai naturellement vers un B.T.S. métiers de l’Eau, diplôme par lequel on attrape l’étude du traitement des eaux avant et après consommation humaine ou industrielle. Je poursuivi sans trop les rattraper d’ailleurs, mes études jusqu’en Guadeloupe lors de stage à la DDASS et à la plage.

Armée

Le diplôme en poche en 1997, l’armée française fit appel à moi  dans son besoin inaltérable (mais pas éternel) de concentrer en un lieu appelé « caserne », les cerveaux les plus méritants de notre nation afin de les masculiniser par des rites secrets immémoriaux des plus délicats. Je profite de  ce club de vacances pour étancher ma soif de littérature : le spleen (Baudelaire), Marche ou crève (S.King),L’Idiot (Dotoïevski), ça manque de femmes (Plantu), Les dieux ont soif(A. France) suivi de Bières (T.Lange) et Soigner ces Céphalées (M. Dolipran),…plus d’autres et des meilleurs. J’en ressort toutefois avec un permis C et une médaille (dîte Déf.Nat.de bronze).

Travail 1

Suite à ces 10 mois de divertissements, la nécessité de m’inscrire dans la société par le travail se fit rapidement ressentir, mes géniteurs ayant à cœur de me faire comprendre toute la valorisation qu’une honnête besogne pouvait m’apporter. C’est donc avec courage, résignation et un autre dont j’ai oublié le nom, que je fis mes débuts en 1998 dans la vie active en tant qu’agent de développement de la qualité environnementale dans une intéressante Communauté de communes dans un pays où il neige au 15 avril (si, si, je l’ai vu). Mes tâches, aussi diverses et variées que les changements d’humeurs et d’idées de mon président, me firent vite comprendre que le monde du travail : oh, là, là, c’est dur.

Travail acte2

Que nenni, n’écoutant pas que mon courage mais surtout ma compagne, je passe le concours de technicien territorial (réussi avec brio, vous vous en doutez) et trois mois plus tard me voici projeté un 1er septembre 2000, via une petite annonce honteusement photocopiée dans un magazine emprunté, au sein de l’ex CUS (Communauté Urbaine de Strasbourg, devenue depuis Eurométropole) au prestigieux et respectable Service de l’Eau et de l’Assainissement : section travaux. Où les techniciens schizophrènes comme moi exerçaient, en spécialistes, le double emploi de maître d’œuvre et maître d’ouvrage, dans la pose de collecteurs, de bassins, de chemisages et de RTT.

Travail acte3

Les hautes autorités de l’institution sus-nommée, se trouvèrent toutefois en délicatesse pour expliquer le peu de recours à la Moe privé. Il fallut donc scinder les services, je tombais du côté obscur de la maîtrise d’ouvrage dans le même service (pas dans la même direction mais y’a que les étiquettes sur les portes qui changent dans ces cas-là), je fus donc propulsé adjoint au responsable du département travaux.

Bretagne

L’Alsace est une région magnifique, et les alsaciens, une fois accepté, des gens en or, mais y’a pas la mer, nous en sommes en novembre 2005 et l’appel du large se fait sentir. Nous plions donc bagage pour le Finistère où une Communauté de Communes vient de créer son service public d’assainissement non collectif, mon destin était là et me regardait, un sourire narquois naissant, j’en deviens donc en  2006 le responsable SPANC (mais pas coupable) jusqu’à aujourd’hui.

Conclusions (ou pas)

Vous aurez sans doute remarqué, car vous êtes perspicaces, que moult détails, lieux, et dates sont omis, aussi afin de ne pas être que drôle voire hilarant, et je pèse mémo, je vous propose un curriculum vitae des plus classiques, mais des plus efficaces. Ceci vous permettra de relire l’histoire ci-avant avec un intérêt redoublé d’une certaine impatience.

lisez aussi l’épilogue sur gestion de projets et futurs articles

laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *